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Crash Aérien à Noirétable - Vol 696 pour Clermont CFE

Le vendredi 27 octobre 1972, vers 18h 20’ TU (pour « temps universel » soit 19h 20 heure locale), le Vickers 724 Viscount F-BMCH d’Air inter s’écrasa à la limite des communes de Viscontat (63) et de Noirétable.

Les communications furent interrompues alors que l’aéronef venait de se signaler à 3600 pieds (1100 m). L’épave fut retrouvée après sept heures de recherches, à environ 1000 mètres d’altitude, dans une colline des bois de la Faye, à 3 km de Noirétable. L’appareil avait décollé de Lyon à 18h 48 à destination de Clermont-Ferrand avec 63 passagers à bord dont quatre enfants. Les cinq membres d’équipage étaient le commandant Bonnell, le second pilote Aubert, le pilote instructeur Lapierre, Mlle Nicole Audibert, hôtesse et Mr Alain David, steward. Le commandant Robert Bonnell était originaire de Paris. Marié et père de trois enfants, il avait à son actif 14 849 heures de vol dont 7 505 heures en qualité de pilote. Le second pilote, Yannick Aubert était natif de Nantes. Il totalisait 2 154 heures de vol. André Lapierre, marié, un enfant, avait pour sa part 5 980 heures de vol à son actif.

55 passagers et tous les membres d’équipage furent tués, huit rescapés seulement.

Le rapport final de la Commission d’Enquête indique que le vol se déroula jusqu’alors sans incidents par un temps orageux avec de fortes turbulences. Le rapport d’enquête détaille les observations climatiques des postes auxiliaires climatologiques du Forez lors de cette journée fatidique :
- Noirétable : tonnerre
- Chalmazel : tonnerre vers 19 heures
- Montbrison : tonnerres et éclairs dans la nuit
- Saint-Anthème : tonnerre vers 19h 30

A 22h 05, Mr Crocombette, cultivateur à Noirétable alerta la gendarmerie. Quelques heures plus tôt, il avait entendu un avion voler à basse altitude puis un bruit sourd. Les gendarmes et les pompiers de Noirétable, sous la conduite du témoin, découvrirent l’épave vers 1 heure du matin. Il y a alors neuf survivants mais une des passagères, Mme Wallionis, décèdera quelques heures plus tard. Le docteur Bourdelles, de Noirétable, arriva sur zone et prodigua les premiers secours. Parmi les blessés, une femme enceinte et une fillette de onze ans. Mais aussi un enfant de quatre ans dont le père, anesthésiste-réanimateur du SAMU de Grenoble, à la nouvelle de la disparition de l’appareil, avait de son propre chef gagné Saint-Etienne puis les Monts du Forez !

Concernant les causes de l’accident, le rapport d’enquête conclut que le crash résulte de deux anomalies. En premier lieu, « une fausse verticale » caractérisée par le fait que l’équipage a été convaincu de se trouver à la verticale de Clermont-Ferrand alors que « cette balise était, en fait, à plus de 30 km. » L’anomalie s’expliquant par « une rotation franche du radiocompas dont l’équipage n’a pas décelé le caractère aberrant. » La seconde anomalie est caractérisée « par l’annonce du survol par l’avion de la balise, avec plus de trois minutes d’avance sur une estimée de huit minutes » et cette différence a peut-être été négligée par l’équipage en raison de la confiance qu’il accordait à l’indication du radiocompas. Le rapport ajoute que cette différence a pu passer inaperçue de l’équipage par une erreur de lecture résultant d’un pilotage peu facile en raison des turbulances.

Mr Bonaud, qui a connu le commandant Bonnell, ajoute dans son courrier que suite à cette tragédie, la procédure d’atterrissage sur Clermont, en provenance de l’est par temps « bouché » a été modifiée.
Pour l’anecdote enfin, cet accident valut aux Sapeurs-Pompiers de Saint-Etienne de mériter sur leur drapeau, en récompense pour la rapidité de leur intervention et de leur dévouement, la médaille de Sauvetage de bronze avec fourragère.